Les stars égyptiennes de TikTok et d'Instagram paient un lourd tribut à l' "indécence".

"Nous avons été laissées en état de choc. Elle n'a rien fait de mal, ma sœur n'est pas une criminelle", dit Rahma al-Adham, en parlant de sa jeune sœur, une influenceuse des médias sociaux en Egypte. Mawada, une étudiante universitaire de 22 ans, a été condamnée le mois dernier à deux ans de prison après avoir été reconnue coupable de violation des valeurs familiales égyptiennes. Elle a été arrêtée en mai après avoir publié des vidéos sur TikTok et Instagram, où elle faisait de la synchronisation labiale sur des chansons célèbres et dansait dans des vêtements à la mode. Le procureur a jugé ses vidéos indécentes. Mawada a plus de trois millions d'adeptes sur TikTok, et 1,6 million sur Instagram. "Elle voulait seulement être célèbre et populaire", déplore Rahma."Les filles de TikTok" Mawada est l'une des cinq jeunes femmes qui ont écopé de la même peine de prison, en plus d'une amende de près de 20 000 dollars. Ces cinq jeunes femmes sont connues sous le nom de "TikTok girls" (Les filles de Tik Tok). Outre Mawada, le groupe comprend une autre star des médias sociaux, Haneen Hossam, et trois autres qui n'ont pas été nommées. Lire aussi: Un adolescent arrêté pour avoir insulté le président zambien Ethiopie: 6 ans de prison pour un post Facebook Rahma explique que sa sœur était mannequin sur les médias sociaux pour plusieurs marques de mode connues. "Elle était tout simplement trop ambitieuse. Elle rêvait de devenir actrice", ajoute -t-elle. "Pourquoi elle ? Certaines actrices s'habillent de manière très osée. Personne ne les touche", demande-t-elle avec colère. Selon le groupe de défense des droits de l'homme Amnesty International, les procureurs ont utilisé 17 photos de Mawada contre elle comme preuve d' "indécence". Mawada a déclaré que ces images avaient été divulguées à partir de son téléphone après son vol l'année dernière. Lire aussi: Un Tunisien condamné après un post sur Facebook La blogueuse Emna Charqui condamnée pour un post à connotation coranique Mawada et les quatre autres femmes ont fait appel de leur condamnation lundi, et la prochaine audience est prévue pour le 14 septembre. Rahma espère au moins que la peine de sa sœur sera réduite. Selon son avocat, Ahmed Bahkiry, Mawada s'est évanouie lorsqu'elle a entendu le verdict initial. "Elle est totalement dévastée, les accusations sont très vaguement formulées", a -t-il estimé. "La prison ne peut pas être une solution, même si certaines de ses vidéos vont à l'encontre de nos normes et traditions sociales", ajoute-t-il. Selon Me Ahmed Bahkiry, "les prisons créent des criminels. Les autorités auraient pu recourir à la réhabilitation à la place". Les sentiments sont mitigés en Égypte à l'égard de cette affaire. Dans ce pays majoritairement musulman et conservateur, certains considèrent les vidéos de TikTok comme celles de Mawada comme indécentes. D'autres, en revanche, soutiennent que les filles ne faisaient que s'amuser et ne méritent pas la prison. Les groupes de défense des droits de l'homme considèrent l'arrestation des filles comme une nouvelle tentative des autorités de restreindre la liberté d'expression et comme un signe de ce qu'Amnesty a appelé "de nouvelles tactiques répressives pour contrôler le cyberespace". Selon les militants, il y a des dizaines de milliers de prisonniers politiques en Égypte, y compris des libéraux, des islamistes, des journalistes et des avocats spécialisés dans les droits de l'homme. Le président égyptien Abdul Fattah al-Sisi insiste sur le fait qu'il n'y a pas de prisonniers de conscience dans son pays, alors que l'Etat a mis en doute la crédibilité des rapports critiques sur les droits de l'homme. "Imprudent et licencieux" La Commission égyptienne des droits et libertés, une organisation de défense des droits de l'homme basée au Caire, fait partie de ceux qui réclament la libération des filles. Son directeur exécutif, Mohamed Lotfy, affirme que l'affaire montre des signes évidents de discrimination sexuelle. "Les femmes ne sont autorisées à s'exprimer sur les médias sociaux que selon les diktats de l'État", dit-il. "Les filles sont accusées de violer les valeurs familiales égyptiennes, mais personne n'a jamais défini ces valeurs", explique -t-il. Même si elles devaient être libérées, M. Lotfy affirme qu'un avertissement a déjà été envoyé aux jeunes filles. How did TikTok grow to 800 million users? Ces derniers mois, le ministère public a publié des déclarations mettant en évidence ce qu'il a appelé les "dangers potentiels qui menacent notre jeunesse via les plateformes numériques, qui ne sont soumises à aucune forme de contrôle". Il a demandé aux parents de contribuer à empêcher les jeunes d'être "induits en erreur et d'adopter un style de vie imprudent, à la recherche d'une gloire et d'un succès sans valeur". "Ils ont emprunté des chemins illégaux pour gagner de l'argent, croyant à tort que c'est une forme de liberté d'expression", a-t-il déclaré. En attendant, à la suite de ce qui s'est passé, Rahma di

Les stars égyptiennes de TikTok et d'Instagram paient un lourd tribut à l' "indécence".
"Nous avons été laissées en état de choc. Elle n'a rien fait de mal, ma sœur n'est pas une criminelle", dit Rahma al-Adham, en parlant de sa jeune sœur, une influenceuse des médias sociaux en Egypte. Mawada, une étudiante universitaire de 22 ans, a été condamnée le mois dernier à deux ans de prison après avoir été reconnue coupable de violation des valeurs familiales égyptiennes. Elle a été arrêtée en mai après avoir publié des vidéos sur TikTok et Instagram, où elle faisait de la synchronisation labiale sur des chansons célèbres et dansait dans des vêtements à la mode. Le procureur a jugé ses vidéos indécentes. Mawada a plus de trois millions d'adeptes sur TikTok, et 1,6 million sur Instagram. "Elle voulait seulement être célèbre et populaire", déplore Rahma."Les filles de TikTok" Mawada est l'une des cinq jeunes femmes qui ont écopé de la même peine de prison, en plus d'une amende de près de 20 000 dollars. Ces cinq jeunes femmes sont connues sous le nom de "TikTok girls" (Les filles de Tik Tok). Outre Mawada, le groupe comprend une autre star des médias sociaux, Haneen Hossam, et trois autres qui n'ont pas été nommées. Lire aussi: Un adolescent arrêté pour avoir insulté le président zambien Ethiopie: 6 ans de prison pour un post Facebook Rahma explique que sa sœur était mannequin sur les médias sociaux pour plusieurs marques de mode connues. "Elle était tout simplement trop ambitieuse. Elle rêvait de devenir actrice", ajoute -t-elle. "Pourquoi elle ? Certaines actrices s'habillent de manière très osée. Personne ne les touche", demande-t-elle avec colère. Selon le groupe de défense des droits de l'homme Amnesty International, les procureurs ont utilisé 17 photos de Mawada contre elle comme preuve d' "indécence". Mawada a déclaré que ces images avaient été divulguées à partir de son téléphone après son vol l'année dernière. Lire aussi: Un Tunisien condamné après un post sur Facebook La blogueuse Emna Charqui condamnée pour un post à connotation coranique Mawada et les quatre autres femmes ont fait appel de leur condamnation lundi, et la prochaine audience est prévue pour le 14 septembre. Rahma espère au moins que la peine de sa sœur sera réduite. Selon son avocat, Ahmed Bahkiry, Mawada s'est évanouie lorsqu'elle a entendu le verdict initial. "Elle est totalement dévastée, les accusations sont très vaguement formulées", a -t-il estimé. "La prison ne peut pas être une solution, même si certaines de ses vidéos vont à l'encontre de nos normes et traditions sociales", ajoute-t-il. Selon Me Ahmed Bahkiry, "les prisons créent des criminels. Les autorités auraient pu recourir à la réhabilitation à la place". Les sentiments sont mitigés en Égypte à l'égard de cette affaire. Dans ce pays majoritairement musulman et conservateur, certains considèrent les vidéos de TikTok comme celles de Mawada comme indécentes. D'autres, en revanche, soutiennent que les filles ne faisaient que s'amuser et ne méritent pas la prison. Les groupes de défense des droits de l'homme considèrent l'arrestation des filles comme une nouvelle tentative des autorités de restreindre la liberté d'expression et comme un signe de ce qu'Amnesty a appelé "de nouvelles tactiques répressives pour contrôler le cyberespace". Selon les militants, il y a des dizaines de milliers de prisonniers politiques en Égypte, y compris des libéraux, des islamistes, des journalistes et des avocats spécialisés dans les droits de l'homme. Le président égyptien Abdul Fattah al-Sisi insiste sur le fait qu'il n'y a pas de prisonniers de conscience dans son pays, alors que l'Etat a mis en doute la crédibilité des rapports critiques sur les droits de l'homme. "Imprudent et licencieux" La Commission égyptienne des droits et libertés, une organisation de défense des droits de l'homme basée au Caire, fait partie de ceux qui réclament la libération des filles. Son directeur exécutif, Mohamed Lotfy, affirme que l'affaire montre des signes évidents de discrimination sexuelle. "Les femmes ne sont autorisées à s'exprimer sur les médias sociaux que selon les diktats de l'État", dit-il. "Les filles sont accusées de violer les valeurs familiales égyptiennes, mais personne n'a jamais défini ces valeurs", explique -t-il. Même si elles devaient être libérées, M. Lotfy affirme qu'un avertissement a déjà été envoyé aux jeunes filles. How did TikTok grow to 800 million users? Ces derniers mois, le ministère public a publié des déclarations mettant en évidence ce qu'il a appelé les "dangers potentiels qui menacent notre jeunesse via les plateformes numériques, qui ne sont soumises à aucune forme de contrôle". Il a demandé aux parents de contribuer à empêcher les jeunes d'être "induits en erreur et d'adopter un style de vie imprudent, à la recherche d'une gloire et d'un succès sans valeur". "Ils ont emprunté des chemins illégaux pour gagner de l'argent, croyant à tort que c'est une forme de liberté d'expression", a-t-il déclaré. En attendant, à la suite de ce qui s'est passé, Rahma dit que leur mère "quitte à peine son lit maintenant". "Elle pleure tout le temps", dit-elle. "Parfois, elle se réveille la nuit et demande si Mawada est rentrée à la maison". Let's block ads! (Why?)