A Kathu, en Afrique du Sud, on stocke l’énergie du soleil

Les miroirs du Kathu Solar Park, en Afrique du Sud, sont équipés d’un système qui suit la trajectoire du soleil. Nabil Wakim/Le Monde C’est une terre sableuse et rouge, qui s’étend à perte de vue et qui laisse apparaître un immense complexe minier. Kathu, à 600 kilomètres à l’ouest de Johannesburg, se trouve en plein cœur du désert du Kalahari. Les 8 000 habitants y vivent au rythme du site d’exploitation du minerai de fer de Sishen, à quelques kilomètres de la ville, où tout semble appartenir à la compagnie minière Anglo American, qui exploite notamment l’aéroport ou… le club de golf. Au large de cette mine à ciel ouvert – l’une des plus grandes au monde – on croise sur la route des Koudous, ces grandes antilopes aux cornes divergentes, et des acacias géants, dans un paysage sec, où la couleur rouge est omniprésente. C’est dans cette région pauvre et désertique qu’a démarré en avril la plus grande centrale solaire à concentration (ou CSP pour concentrated solar power) d’Afrique du Sud. La centrale est exploitée par le français Engie (ex-GDF-Suez), qui a invité Le Monde à visiter le site lors de son inauguration. Ce type de technologie est encore assez rare, mais pourrait se développer dans les années à venir, en particulier sur le continent africain. Kathu Solar Park n’est pas composée de panneaux photovoltaïques, mais de centaines de milliers de miroirs, qui reflètent les rayons du soleil, ce qui permet de chauffer un fluide qui circule à travers toute la centrale. Cette chaleur est ensuite stockée dans un immense réservoir de sel fondu. « Son avantage, c’est qu’il peut rester chaud plusieurs jours », explique Cedric Faye, le PDG du site. L’intérêt de cette technologie ? En conservant la chaleur, on peut l’utiliser pour produire de l’électricité après le coucher du soleil. Le processus est ensuite assez comparable à des centrales électriques classiques : la chaleur permet de chauffer de l’eau et génère de la vapeur qui fait tourner une turbine et produit de l’électricité à la demande. « Produire et stocker » Les parcs photovoltaïques classiques, qui se construisent à grande vitesse dans le monde (près de 100 gigawatts ont été installés en 2018), ont vu leurs coûts baisser très fortement : selon les données de Lazard, ils ont été divisés par neuf en dix ans. Mais ils souffrent d’un défaut difficile à contourner aujourd’hui : sans capacité à stocker l’électricité en grande quantité, leur production doit être utilisée immédiatement sur le réseau. Or ces parcs sont les plus productifs en milieu de journée, et cessent de fournir lorsque le soleil se couche. Let's block ads! (Why?)

A Kathu, en Afrique du Sud, on stocke l’énergie du soleil
Les miroirs du Kathu Solar Park, en Afrique du Sud, sont équipés d’un système qui suit la trajectoire du soleil.
Les miroirs du Kathu Solar Park, en Afrique du Sud, sont équipés d’un système qui suit la trajectoire du soleil. Nabil Wakim/Le Monde

C’est une terre sableuse et rouge, qui s’étend à perte de vue et qui laisse apparaître un immense complexe minier. Kathu, à 600 kilomètres à l’ouest de Johannesburg, se trouve en plein cœur du désert du Kalahari. Les 8 000 habitants y vivent au rythme du site d’exploitation du minerai de fer de Sishen, à quelques kilomètres de la ville, où tout semble appartenir à la compagnie minière Anglo American, qui exploite notamment l’aéroport ou… le club de golf.

Au large de cette mine à ciel ouvert – l’une des plus grandes au monde – on croise sur la route des Koudous, ces grandes antilopes aux cornes divergentes, et des acacias géants, dans un paysage sec, où la couleur rouge est omniprésente. C’est dans cette région pauvre et désertique qu’a démarré en avril la plus grande centrale solaire à concentration (ou CSP pour concentrated solar power) d’Afrique du Sud. La centrale est exploitée par le français Engie (ex-GDF-Suez), qui a invité Le Monde à visiter le site lors de son inauguration. Ce type de technologie est encore assez rare, mais pourrait se développer dans les années à venir, en particulier sur le continent africain.

Kathu Solar Park n’est pas composée de panneaux photovoltaïques, mais de centaines de milliers de miroirs, qui reflètent les rayons du soleil, ce qui permet de chauffer un fluide qui circule à travers toute la centrale. Cette chaleur est ensuite stockée dans un immense réservoir de sel fondu. « Son avantage, c’est qu’il peut rester chaud plusieurs jours », explique Cedric Faye, le PDG du site. L’intérêt de cette technologie ? En conservant la chaleur, on peut l’utiliser pour produire de l’électricité après le coucher du soleil. Le processus est ensuite assez comparable à des centrales électriques classiques : la chaleur permet de chauffer de l’eau et génère de la vapeur qui fait tourner une turbine et produit de l’électricité à la demande.

« Produire et stocker »

Les parcs photovoltaïques classiques, qui se construisent à grande vitesse dans le monde (près de 100 gigawatts ont été installés en 2018), ont vu leurs coûts baisser très fortement : selon les données de Lazard, ils ont été divisés par neuf en dix ans. Mais ils souffrent d’un défaut difficile à contourner aujourd’hui : sans capacité à stocker l’électricité en grande quantité, leur production doit être utilisée immédiatement sur le réseau. Or ces parcs sont les plus productifs en milieu de journée, et cessent de fournir lorsque le soleil se couche.

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